Mariage ou maison? 82% des Canadiens prêts à troquer leurs noces
La question n’est plus romantique, elle est financière. Face à des prix immobiliers qui continuent de grimper partout au pays, une majorité écrasante de Canadiens se disent prêts à réduire l’envergure de leur mariage – voire à y renoncer complètement – pour consacrer cet argent à une mise de fonds sur une propriété. C’est ce que révèle un sondage publié mercredi par Royal LePage, mené par la firme Burson auprès de 1717 résidents adultes à travers le Canada.
Selon les résultats, 82% des répondants qui planifient un mariage affirment qu’ils renonceraient à leur célébration ou en réduiraient considérablement l’envergure pour mettre cet argent sur une mise de fonds. Parmi eux, 46% répondent «certainement» et 36% «peut-être».
Ces chiffres comprennent une certaine proportion de gens qui répondent pour une connaissance qui se trouve dans cette situation.
La tendance est tout aussi marquée chez les personnes déjà mariées: 55% affirment qu’elles auraient fait ce choix si c’était à refaire.
Le contexte immobilier explique en grande partie ce changement d’attitude. Au premier trimestre de 2026, le prix de l’agrégat d’une propriété au Québec a progressé de 4,4% sur un an pour atteindre 473 900$, selon les données de Royal LePage. L’unifamiliale détachée s’établit quant à elle à 517 400$, soit une hausse de 5,9% en douze mois. Dans le Grand Montréal, le prix médian d’une maison unifamiliale a grimpé à 759 400$. L’accumulation d’une mise de fonds minimale de 5% à 20% pour les premiers acheteurs est de plus en plus difficile.
Parallèlement, un mariage coûte en moyenne plus de 45 000 dollars canadiens, selon le rapport mondial sur le mariage 2025 de The Knot. Une somme qui, réorientée vers l’immobilier, pourrait représenter une mise de fonds substantielle dans bien des marchés, souligne Royal LePage.
«Peu d’étapes de la vie ont plus d’importance que l’achat d’une maison ou le mariage», affirme Anne-Elise Cugliari Allegritti, vice-présidente de la recherche et des communications chez Royal LePage. «Alors que le coût de la vie pèse sur le budget des ménages partout au pays, de plus en plus de Canadiens se retrouvent à devoir faire un choix difficile entre les deux, et dans de nombreux cas, c’est la célébration de mariage qui est revue à la baisse.»
Le sondage révèle aussi que la propriété occupe désormais une place centrale dans la hiérarchie des priorités financières. Lorsqu’on a demandé aux répondants quel est l’achat le plus important dans la vie d’une personne, 83% ont spontanément répondu: une maison. Les dépenses liées au mariage ne récoltent que 2% des mentions.
Par ailleurs, 75% des répondants estiment que la valeur d’un mariage traditionnel et coûteux ne se justifie pas dans le contexte économique actuel, et 73% considèrent que l’accès à la propriété représente une étape personnelle plus importante qu’une grande célébration de mariage pour les jeunes générations.
Québec: tendance modérée
Si le mouvement est national, le Québec se distingue par une posture plus réservée. Dans la province, 67% des répondants concernés par un mariage prochain déclarent qu’ils renonceraient à leur célébration ou la réduiraient pour investir dans une propriété – le pourcentage le plus bas parmi toutes les provinces canadiennes, loin derrière le Canada atlantique (95%) ou l’Ontario (86%).
De même, 69% des répondants québécois envisageraient de demander de l’argent pour une mise de fonds plutôt qu’un cadeau de mariage traditionnel, contre 79% à l’échelle nationale. Chez les personnes déjà mariées, 53% affirment qu’elles auraient préféré recevoir une contribution pour une mise de fonds – mais seulement 5% déclarent avoir effectivement fait cette demande lors de leur mariage, le taux le plus faible au pays.
Julien Jacoby-Boissy, courtier immobilier chez Royal LePage Triomphe à Montréal, souligne en entrevue que le coût d’une propriété au Québec demeure plus accessible qu’ailleurs au Canada. Si la propriété moyenne coûte 473 900$ dans la Belle Province, sa valeur double presque à l’échelle du pays pour atteindre 812 900$.
Et puis, les Québécois sont moins enclins à se marier de toute façon, selon l’Institut Vanier de la famille. Seulement 57% des couples sont mariés, contre 81,9% dans le reste du pays.
«Les Québécois se distinguent sur ces deux plans: par rapport au reste du Canada, nous sommes les moins susceptibles d’être mariés et les moins susceptibles d’être propriétaires», observe-t-il. «Sur le plan culturel, nous abordons ces étapes de la vie différemment.»
M. Jacoby-Boissy note aussi que ce phénomène est surtout présent dans le Grand Montréal, où l’immobilier est devenu inaccessible. De nombreux Montréalais sont d’ailleurs enclins à quitter la métropole pour des marchés comme Québec, où les prix sont plus accessibles. Un phénomène qui ajoute à l’augmentation fulgurante des prix des maisons dans la Capitale-Nationale.
N’empêche, la tendance est claire. «L’achat d’une propriété a officiellement remplacé le mariage comme premier engagement sérieux du couple au Québec.»
Cet article a été produit par un journaliste avec l’assistance de l’intelligence artificielle. Veuillez consulter notre Politique d’utilisation de l’intelligence artificielle à des fins journalistiques pour en savoir davantage sur nos pratiques concernant l’IA.