Nickel: Marchand perd l’objectif de vue selon l’opposition
Le chef de l’opposition officielle au conseil municipal de la Ville de Québec, Claude Villeneuve, déplore la décision du maire de Québec, Bruno Marchand, d’organiser un comité plénier par rapport à la volonté du gouvernement québécois de quintupler la norme de nickel permise dans l’air. «C’est un dossier sur lequel il n’y a pas de temps à perdre», affirme-t-il.
En conférence de presse, M. Villeneuve a expliqué que son équipe et lui participeraient de bonne foi à l’exercice. Toutefois, il croit que le comité plénier «se positionne entre les citoyens et le gouvernement et limite les possibilités de mettre de la pression pour éviter que ce changement ne soit autorisé».
Le conseiller municipal de Maizerets-Lairet soutient également que l’administration municipale ne respecte pas tout à fait son désir «d’écouter la science» afin de permettre aux membres du conseil municipal de prendre une décision éclairée sur la question. «La liste des intervenants qui défileront au comité plénier ne compte qu’une seule scientifique. Il s’agit de l’experte Michèle Bouchard dont le travail a servi de base au rehaussement des normes sur le nickel par le gouvernement, constate-t-il. Nous avions proposé des noms qui auraient pu parler de l’envers de la médaille, mais ils n’ont malheureusement pas été ajoutés aux invités.»
Diversion
Au cours des derniers jours, M. Marchand n’a pas écarté la possibilité que la Ville administre elle-même le contrôle de la qualité de l’air sur son territoire, à l’instar de Montréal. Claude Villeneuve voit mal la direction que compte emprunter le maire de Québec dans ce dossier. «C’est particulier de vouloir faire un comité plénier qui ne mènerait à rien si c’est pour s’emparer du dossier de la qualité de l’air dans son intégralité. Si le maire veut, de toute façon, imposer des normes plus contraignantes, ça rend le processus décisionnel futile», explique l’ancien chroniqueur.
Pour sa part, la cheffe de Transition Québec et conseillère municipale de Limoilou, Jackie Smith croit que le maire tente de faire diversion en considérant l’idée d’une norme sur la qualité de l’air de la Ville, plutôt qu’en se montrant actif dans la saga du nickel. «En faisant diversion de la hausse de la norme sur le nickel, Bruno Marchand diminue nos chances de la bloquer. […] Soyons honnêtes, si nous ne pouvons pas convaincre le gouvernement du Québec de ne pas augmenter la norme, il n’acceptera pas que la Ville de Québec ait sa propre norme.»
Mme Smith considère que cette nouvelle possibilité est dans la même lignée que le comité plénier, qui fait perdre du temps aux citoyens et aux citoyennes se mobilisant contre la hausse de la norme sur le nickel.
Manifestation(s)
Claude Villeneuve persiste à croire que la population doit faire connaître son opinion sur la question au gouvernement et invite les gens de la Capitale à venir participer à la manifestation contre la hausse de la norme, qui a lieu samedi à Limoilou. «Je sais que le Carnaval commence cette fin de semaine, mais venez donc faire un tour sur la 3e Avenue en vous rendant sur le site de la fête. Les impacts d’une telle augmentation sont très vastes dans le quotidien des gens et pas seulement dans Limoilou, parce que l’air ne s’arrête pas aux délimitations territoriales.»
Questionné à savoir s’il était inquiété par la rumeur voulant qu’il y ait une mobilisation contre les mesures sanitaires devant l’Assemblée nationale au même moment où la manifestation contre la hausse de la norme sur le nickel, M. Villeneuve ne s’est pas gêné pour donner son avis.
«Je trouve surtout absurde de penser que nous protesterons pour une meilleure qualité de l’air, alors qu’à quelques kilomètres de là, il y aura des gens qui pourraient intentionnellement brûler de l’essence pour faire cesser les mesures sanitaires. J’espère simplement qu’ils seront respectueux et qu’ils ne gâcheront pas une fête traditionnelle dont les citoyens ont vraiment besoin par les temps qui courent», conclut-il.