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Haute-Saint-Charles–Wendake

Itinérance – Cohabitation difficile au boisé du parc Chauveau, à Neufchâtel

L’école secondaire de Neufchâtel

Une cohabitation difficile entre les élèves de l’école secondaire Neufchâtel et des personnes en situation d’itinérance

Après une découverte macabre faite par des jeunes de l’école des Berges, le boisé du parc Chauveau, à Neufchâtel, est à nouveau au cœur d’une situation préoccupante impliquant des élèves. Cette fois-ci, il s’agit plutôt d’un cas d’adolescents qui importunent des personnes en situation d’itinérance qui y ont élu domicile

Le 18 mai dernier, sous un compte Facebook anonyme, un.e citoyen.ne de la Ville de Québec a fait part d’un message s’adressant aux parents de l’école secondaire de Neufchâtel. Selon ses informations, des personnes en situation d’itinérance habitent le boisé près de l’école, au long de l’avenue Chauveau. Des élèves de l’école secondaire en profiteraient pour déranger les personnes en question, à l’extérieur des heures de cours. 

«Nouveau trend à l’école: se rassembler en groupe pour aller écoeurer les deux personnes en situation d’itinérance qui campent dans les boisés entourant l’école et le centre communautaire», écrit l’utilisateur.trice Facebook sur un ton sarcastique.

Sensibilisation auprès des élèves

Le Centre de services scolaires de la capitale (CSSC) indique que cette situation concernant la présence d’une personne en situation d’itinérance dans un boisé situé sur les terrains du Centre de formation professionnelle de Neufchâtel, à proximité de l’école en question, a bel et bien été rapportée. 

«Les élèves concernés ont été rencontrés et sensibilisés, en collaboration avec le policier-école. Depuis, aucune nouvelle situation de cette nature n’a été portée à l’attention de la direction», indique Jade Thibodeau, conseillère en communications au CSSC. 

Le Service de police de la ville de Québec (SPVQ) mentionne également avoir rencontré les élèves impliqués.

«Le SPVQ a été informé de la situation et a rencontré les personnes concernées. Aucune plainte criminelle n’a été déposée. De la sensibilisation et de la prévention ont également été réalisées auprès de jeunes fréquentant les environs, notamment près de l’école située à proximité, sans qu’aucun acte criminel n’ait été constaté», indique Laurence Godbout, agente aux communications pour le SPVQ. 

L’intolérance augmente

Le boisé du parc Chauveau est loin d’être le seul endroit qui accueille un nombre grimpant de personnes en situation d’itinérance. 

«Il y en a un peu partout, de l’itinérance. Alors, je ne suis pas étonné de voir ça,» indique Éric Boulay, directeur général du refuge Lauberivière. «Sur le long de la rivière Saint-Charles et sur le long de la rivière Beauport, ce sont des endroits naturels où les gens remontent les rivières pour trouver des endroits pour dormir, à l’abri des grands vents, à l’abri des quartiers centraux.»

Le dernier dénombrement de la population itinérante, dont les données ont été dévoilées au printemps, note qu’il y avait 1084 personnes en situation d’itinérance visible dans la Ville de Québec en 2025. C’est 20% de plus qu’en 2022. 

Selon Éric Boulay, cette augmentation vient forcément avec une montée de l’intolérance. 

«Lorsqu’on n’est pas habitué à côtoyer l’itinérance, c’est normal d’avoir des réactions. C’est parce qu’on vit les émotions. C’est quelque chose qui est dur à comprendre. Même pour les personnes à l’âge adulte, c’est dur à comprendre. Alors, les réactions, c’est souvent des réactions d’impuissance», explique-t-il en réaction à la situation de l’école secondaire de Neufchâtel. «De façon préventive, on aurait intérêt à bien s’entraîner sur l’intolérance pour accueillir les réactions des enfants, le cas échéant, si une situation comme ça arrive.»

Malgré ses 28 années d’expérience, Éric Boulay se pose toujours la même question: à qui la responsabilité de réfléchir et d’agir envers les situations d’intolérance? 

«Que ce soit les parents, le personnel enseignant, les commerçants ou les citoyens, tout le monde devrait s’éduquer autour de la question», dit-il. «Si on souhaite avoir plus de pouvoir afin d’aider ces gens, il faut tout d’abord connaître le problème davantage. Et ça, ça inclut les jeunes du secondaire.»

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