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Ste-Foy, le «secteur test idéal» des locaux commerciaux 

La boutique Fantaisie du patin, à Québec
Le devant de la boutique Fantaisie du patin, dans le secteur de Ste-Foy, à Québec. Photo: Métro / Sara Comadina

Après St-Roch, c’est au tour de Ste-Foy de devoir combler ses espaces commerciaux. Victime d’un roulement notable de nouveaux commerces, Ste-Foy est aujourd’hui le «secteur test» idéal pour les entrepreneurs.

Tout comme plusieurs secteurs, Ste-Foy est victime d’un boom commercial depuis la fin de la pandémie de la COVID-19. «Ça a changé la donne à la grandeur de Québec. Les habitudes de consommation et les intérêts des gens se sont transformés», explique Alex Migneault, directeur des opérations de locations commerciales chez Location BCI. 

Ce «boom», Raphaël Pelletier l’a vécu.

Adolescent, Raphaël dénichait un de ses premiers emplois à Fantaisie du patin, magasin spécialisé dans les produits de hockey et de patinage artistique à Québec. Aujourd’hui, à 32 ans, il est devenu l’heureux propriétaire. 

Souhaitant offrir un nouveau vent à l’entreprise, Raphaël Pelletier était à la recherche d’un plus grand local pour servir sa clientèle, après quelques années situé sur l’Avenue Jules-Verne. Fantaisie du patin étant un commerce de destination, l’emplacement devait être «bien pensé», selon l’entrepreneur. 

C’est ainsi qu’il tombe sur son local actuel, le 3350 Chemin Ste-Foy. Seul hic: Raphaël devra payer jusqu’à 4000$ de plus par mois pour sa location. «Tout ce que je voyais était à peu près dans ces prix, soit 25 à 30 dollars du pied carré. Je payais des peanuts, avant. J’étais donc mentalement préparé à payer 3000 à 4000 dollars de plus par mois», explique-t-il. 

Le local en question était inoccupé pendant près de deux ans, avant l’arrivée de Fantaisie du patin, en janvier 2025. «Il n’attendait que moi!» s’exclame l’entrepreneur. 

L’intérieur de la boutique Fantaisie du patin, à Ste-Foy.

Ste-Foy, l’endroit «test» des entrepreneurs

Plusieurs commerces ont occupé l’édifice où loge maintenant Fantaisie du patin. Des traiteurs, aux produits capillaires jusqu’aux patins, le 3350 Chemin Ste-Foy a vu un peu de tout dans les dernières années. «Je savais qu’il y avait un certain roulement», indique Raphaël Pelletier, notant que «la description des locaux du bâtiment a changé à plusieurs reprises sur Google.»

Ce roulement, il s’explique. «Ste-Foy est l’endroit idéal pour ceux qui souhaitent tester le marché. C’est un bon secteur géographique qui permet de tester la réactivité des clients», révèle Alex Migneault. C’est entre autres «la densité de la population, le revenu moyen élevé et la population multiethnique» qui expliquent l’attractivité de Ste-Foy, comme l’indique l’expert en immobilier.

Selon les données du groupe Location BCI, le taux d’inoccupation des locaux commerciaux se situait à 2,7%, en 2025. Un chiffre beaucoup moins élevé que St-Roch, par exemple, un secteur présentement dans la mire de la Ville. 

Le coût moyen du loyer, quant à lui, se situait entre 16 et 20 dollars du pied carré. Le groupe immobilier note également une opportunité particulière pour les commerces spécialisés de proximité dans ce secteur, comme celui de Fantaisie du patin. 

Une solution faite maison

Tandis que Raphaël Pelletier espère rester dans ce nouvel espace pour au moins dix ans, Sophie Nguyen a vécu tout l’inverse.

La propriétaire du salon Ongles Art de Sophie, également à Ste-Foy, a dû quitter son espace locatif en 2024. Le local qu’elle occupait sur la rue Campanile n’était simplement plus adéquat. 

En cinq ans, Sophie Nguyen a vu son loyer augmenter de 10,50$ du pied carré en 2019 à 13$ du pied carré, juste avant qu’elle ne quitte.

«C’est normal qu’il y ait des augmentations de loyer, mais c’était devenu trop cher», note-t-elle. «L’hiver aussi, c’était souvent glacé devant mon entrée. Et les stationnements n’étaient pas souvent disponibles. Ça ne fonctionnait pas.»

La solution se trouvait donc dans un espace beaucoup plus convivial pour l’entrepreneure. 

Un «flip» de garage et quelques coups de peinture ont suffi pour que Sophie Nguyen puisse continuer à servir sa clientèle, suite à son départ de la rue Campanile.

L’ancien garage de sa maison accueille aujourd’hui les mêmes clientes fidèles. «Tout ce que je voulais, c’était de garder ma clientèle. C’est beaucoup plus simple maintenant», explique l’entrepreneure, aussi mère de deux jeunes enfants à la maison.

Le nouvel espace du salon Ongles Art de Sophie, à Ste-Foy.

«Ste-Foy a des taux de location qui sont, en moyenne, plus élevés qu’ailleurs à Québec», explique Alex Migneault. Selon l’expert immobilier, la solution se trouverait peut-être dans l’offre de commerces avec de plus petites superficies. Il compare l’offre de Québec à celle des secteurs achalandés de Montréal, comme le Plateau Mont-Royal. 

«Le défi de Ste-Foy, lorsque vient le temps d’accueillir de nouvelles entreprises, c’est d’offrir de plus petites superficies. À Québec, si tu souhaites ouvrir une petite boutique, tu cherches un 1500 pieds carrés environ. Mais c’est difficile, trouver ces superficies. Trouver le bon local, en lien avec la vocation, c’est ça le plus grand défi.»

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