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Croisade contre l’eau embouteillée au Cégep de Sainte-Foy

SENSIBILISATION. L’Association étudiante du Cégep de Sainte-Foy (AECSF), à Québec, part en guerre contre la vente d’eau embouteillée sur le campus. Dénonçant ses méfaits sur la santé et l’environnement, elle poursuit une campagne de sensibilisation afin d’en arriver à bannir les bouteilles d’eau d’ici 2019.

Formation de germes dans les bouteilles réutilisées, qui peuvent causer des problèmes d’intoxication; fabrication et transport des bouteilles qui contribuent à la pollution de l’air; processus de dégradation du plastique qui s’étire sur plus de 100 ans; dépense inutile quand on a, à portée de main, de l’eau potable du robinet…: autant de raisons que cite Marie Babineau, présidente de l’AECSF, pour justifier la croisade contre la vente d’eau embouteillée au Cégep de Sainte-Foy.

Autant de raisons, aussi, partagées à l’ensemble de la communauté étudiante depuis 2014 afin de la sensibiliser à la cause. L’AECSF, en collaboration avec le comité environnemental Gaïa, sort justement d’une semaine de campagne intensive où distribution de gourdes d’eau, conférences et tournée des classes ont permis d’informer quelque 4000 étudiants – un nombre impressionnant quand on sait que l’institution en compte 6500.

Une dégustation à l’aveugle a également été organisée afin de tester différentes eaux, provenant de robinets de quelques secteurs de Québec et de bouteilles. Résultat? «C’est l’eau du cégep qui a gagné – haut la main!» lancent de concert Marie Babineau et Marie Pilote, coordonnatrice aux affaires externes de l’AECSF. Pour Marie-Édith Turcotte, du comité environnemental, le choix n’en devient que plus logique pour la communauté étudiante de Sainte-Foy: «L’alternative [à la bouteille d’eau] n’est pas compliquée.»

Plan de match

En poursuivant cette démarche dont elle fixe l’échéancier de réussite à 2019, l’AECSF se trouve à emboîter le pas à d’autres cégeps qui ont interdit la vente d’eau embouteillée, dont ceux de Rosemont et d’Ahuntsic, à Montréal. Forte de l’appui du Syndicat des professeurs de Sainte-Foy, elle entend diversifier ses moyens d’intervention pour arriver à ses fins, et persévérer dans les pourparlers avec la coopérative Coopsco qui, tirant quelque 30 000$ annuellement de la vente de bouteilles d’eau, a son mot à dire dans le dossier.

Compromis

«D’un point de vue environnemental, nous sommes en faveur de cette campagne en autant qu’elle en demeure une de sensibilisation, réagit à ce sujet la directrice générale de la Coopsco de Sainte-Foy. Je crois par contre que d’interdire la vente de bouteilles d’eau peut brimer la population du cégep dans ses choix de breuvages.» Louise Déraspe craint qu’une telle interdiction conduise les étudiants qui n’auraient pas leur gourde à se rabattre sur des choix moins santé comme des boissons gazeuses.

Quant à la Coopsco, cela représenterait certes une perte de revenus – revenus dont elle verse une partie au cégep. Il lui faudrait trouver alors une façon de compenser mais, pour l’heure, on préfère concentrer ses efforts sur des alternatives à proposer pour satisfaire les uns et les autres. Mme Déraspe donne l’exemple de permettre aux clients d’opter pour de l’eau en fontaine plutôt qu’un breuvage en bouteille au moment de l’achat de son repas.

Québec Hebdo

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