Elle était encore dans le peloton de tête il y a deux ans, la voilà désormais hors classement. La ville de Québec ne figure plus parmi les 15 villes les plus abordables du Canada, selon le rapport 2026 de Royal LePage publié mardi. Pire encore, elle est la seule grande ville canadienne à avoir vu son indice d’abordabilité se détériorer depuis 2024.
Ce recul qui illustre de façon frappante la surchauffe dont fait toujours preuve le marché immobilier de Québec, alors qu’une détente se fait ressentir ailleurs dans la province et que le reste du pays a déjà largement entamé sa correction.
Sur les 62 villes analysées par Royal LePage, 61 ont enregistré une amélioration de leur accessibilité à la propriété entre 2024 et 2026. La ville de Québec est la seule exception. Le revenu mensuel nécessaire pour assumer un paiement hypothécaire y a augmenté de 1,6% depuis deux ans — une progression modeste en apparence, mais à contre-courant de toutes les autres grandes villes canadiennes, y compris Montréal, Toronto et Vancouver.
La ville de Québec affiche la plus forte hausse globale des prix immobiliers d’une année sur l’autre au Canada depuis huit trimestres consécutifs. Un record national qui, s’il flatte les propriétaires déjà établis, ferme progressivement la porte aux nouveaux acheteurs.
Les données du premier trimestre de 2026 confirment l’ampleur du phénomène. Le prix de l’agrégat d’une propriété dans la région de Québec a bondi de 10,7 % sur un an pour atteindre 475 300 $.
Les données de l’APCIQ pour le mois de mai montrent une tendance semblable. Si les prix ont reculé légèrement par rapport à avril, l’offre cruellement faible de propriétés sur le marché continue d’exercer une pression à la hausse.
Royal LePage prévoit que cette trajectoire se poursuivra, anticipant une hausse supplémentaire de 12,0% du prix de l’agrégat dans la région au quatrième trimestre de 2026 par rapport à la même période l’an dernier. C’est la prévision de croissance la plus élevée de toute la province québécoise.
Resserrement prévisible
Le cas de la ville de Québec illustre une dynamique que Phil Soper, président et chef de la direction de Royal LePage, décrit comme un resserrement généralisé des écarts entre les marchés. «Les villes où les prix de l’immobilier sont plus bas ont connu une demande plus soutenue, les acheteurs cherchant à faire leur entrée sur le marché, ce qui a eu pour effet de faire grimper les prix», explique-t-il.
Autrement dit, l’accessibilité immobilière des marchés secondaires québécois n’est pas acquise. La ville de Québec en est l’exemple le plus éloquent: en l’espace de deux ans, elle est passée du statut de refuge abordable à celui de marché le plus dynamique du pays. Les prix reflètent désormais cette demande accrue.
Trois-Rivières et Sherbrooke fort attractives
Trois-Rivières et Sherbrooke sont désormais les villes québécoises les plus abordables. Trois-Rivières occupe le 8e rang au Canada, avec un ratio hypothèque-revenu de 27,3%. Sherbrooke arrive au 13e rang, avec un ratio de 28,9%.
Selon Royal LePage, ces deux villes sont d’ailleurs devenues fort attractives pour les personnes qui cherchent à quitter une ville où l’immobilier est moins accessible. Environ la moitié des Canadiens sont prêts à quitter leur ville pour un endroit moins cher s’ils arrivent à trouver un emploi. Au Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke sont particulièrement dans la mire des acheteurs.
Comme nous le rapportions en mai, Québec est aussi un marché de choix pour les acheteurs de Montréal qui souhaitent acquérir une propriété.
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