Bientôt d’autres panneaux solaires sur des toits, à la «Simons»?
Depuis le 31 mars dernier, Hydro-Québec souhaite étendre son aide financière aux résidences et aux commerces voulant installer des panneaux solaires sur leur toit. Une idée à laquelle le magasin Simons des Galeries de la Capitale s’est déjà adhéré, il y a presque dix ans.
Les propriétaires de commerces souhaitant installer des panneaux solaires sur leur toit pourront bénéficier d’une aide de 1000$ par kilowatt (kW) installé, jusqu’à concurrence de 40% des coûts totaux (incluant l’achat des panneaux solaires et leur installation). Du moment qu’ils respectent certains critères d’éligibilité:
- Les panneaux solaires doivent avoir été installés à partir du 31 mars 2026;
- le fournisseur des panneaux solaires doit être basé au Québec ou détenir un permis de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ);
- le projet doit être raccordé au réseau d’Hydro-Québec.
En respectant ces critères, les économies pour les commerces sont estimées à environ 45 000$.
Les commerces ou les résidences souhaitant adhérer au programme devront toutefois faire particulièrement attention. L’Office de la protection du consommateur a récemment mis en garde contre les vendeurs itinérants de panneaux solaires, sous les nouvelles subventions annoncées par Hydro-Québec. «Les gens doivent être bien avisés de ne pas signer un premier contrat de quelqu’un qui frappe à la porte en faisant briller son offre, tout comme les vendeurs de thermopompes l’ont fait dans le passé», avertit Michel Gagné, maître électricien et spécialiste en énergie solaire. «Ces vendeurs promettent des économies d’énergie substantielles. Il faut faire attention.»
Une idée «fantastique»
Tandis que les avantages d’une telle installation sur les résidences restent nébuleux, le constat est clair pour les commerces. «C’est une idée absolument fantastique», affirme Michel Gagné, maître électricien et spécialiste en énergie solaire. «C’est comme les gens qui achètent des voitures électriques. À l’achat c’est plus cher, mais éventuellement on remarque une grande économie sur l’essence.»
Les avantages logistiques sont importants, souligne-t-il. Tandis que les résidences ont parfois des toits restreints, ceux des commerces sont normalement très plats. Qui dit plat, dit souvent plus de superficie, dit donc le terrain de jeu parfait pour des panneaux solaires.
L’avantage est aussi évident lorsqu’on observe les heures d’opération des commerces. L’offre de gestion de la demande de puissance (GDP) d’Hydro-Québec permet aux entreprises de recevoir un crédit lorsqu’elles réduisent leur appel de puissance en période de pointe. Selon Hydro-Québec, les périodes de pointe typiques du réseau en hiver sont entre 6h et 10h le matin, et 16h et 20h en fin de journée. Un commerce typique, de son côté, opère entre 9h et 17h.
Un panneau, deux coups
Pour le magasin Simons, dont l’installation de plus de 3000 panneaux a été faite en 2018, les avantages sont surtout évidents en hiver. Rappelons qu’à l’époque, l’entreprise, dont la maison mère est à Québec, s’était tracée la voie d’être carboneutre avec des installations lui permettant d’être 100% indépendante en termes d’énergie.
Presque 10 ans plus tard, le projet aura porté fruit.
Tandis que la clientèle profite maintenant de son stationnement à panneaux solaires pour mettre à l’abri leur voiture, les panneaux, eux, profitent des reflets de la neige pour générer plus d’énergie. «Parmi les éléments souvent perçus comme des défis, la gestion hivernale revient fréquemment. Mais dans les faits, aucun déneigement des panneaux n’est nécessaire», indique Bernard Leblanc, président et chef de la direction de La Maison Simons.
Depuis sa mise en fonction en 2018, le système du magasin a permis de générer plus de 1 300 000 kWh par année, soit l’équivalent de la consommation d’environ 50 maisons.
Bien que la succursale des Galeries de la Capitale du magasin ne s’est pas affiliée à Hydro-Québec pour son projet, elle inspirera peut-être ses commerces avoisinants. À Québec, il faudra voir si les stationnements des succursales des Sports Experts, du Décathlon, ou encore des épiceries à grande surface, par exemple, emboîteront le pas.