Budget 2026: Québec investira dans le maintien de ses actifs
Alors que plusieurs acteurs du milieu dont l’Ordre québécois des ingénieurs (OQI) et l’Union des municipalités du Québec (UMQ) déplorent une «crise de l’infrastructure», Québec annonce un budget qui mise fortement sur le maintien des actifs.
Dans son budget de 2026-2027, le ministre des Finances, Éric Girard, répond à cette crise en rehaussant ses investissements en infrastructure de 5 milliards de dollars sur six ans — dont 71% sera alloué au maintien des actifs.
Cinq secteurs économiques profieront de cette somme de 5 G$, soit:
- le secteur de la santé et des services sociaux;
- le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur;
- le secteur du transport collectif et du réseau routier;
- ainsi que la la transformation numérique des organismes publics.
Rappelons que dans ses budgets précédents, Québec prévoyait investir entre 65 et 66% dans le maintien de ses actifs. Le plan actuel propose donc une légère augmentation.
La mesure répond ainsi aux demandes formulées par de nombreux élus municipaux, y compris le maire de Québec Bruno Marchand.
Le Plan québécois des infrastructures (PQI) de 2026-2036 s’élève aujourd’hui à 167 millard de dollars. «Il ne s’est jamais investi autant pour le maintien des actifs,» a souligné le ministre responsable des Infrastructures, Benoit Charette, lors du dévoilement du plan.
Plus de responsabilité, mais «pas de feux d’artifices»
Le secteur de la santé et des services sociaux se réjouira de ce plan de la CAQ, alors que les plus importants investissements sont ceux attribués au maintien des hôpitaux. «Ce n’est pas un plan de feux d’artifice, mais un plan responsable et adapté», a souligné le ministre Charette, réitérant qu’il a «entendu les préoccupations des québécois quant aux infrastructures de santé».
Les investissements notables dans le PQI pour la période 2026-2027 incluent:
- 461,8 M$ pour la construction de l’Hôpital Vaudreuil-Soulanges, à Vaudreuil-Dorion;
- 257,5 M$ pour la construction et le réaménagement de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus à Québec;
- et 119,3 M$ pour la construction et l’agrandissement de l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne.
Au second rang: l’éducation
Bien que le ministre Charette constate que le secteur de la santé est la priorité du PQI actuel, des sommes majeures seront également investies en éducation. «Nos bâtiments ne sont pas en moins bon état que l’année dernière, c’est simplement qu’on est plus transparent» a-t-il souligné, rappelant que 119 projets d’infrastructure en éducation ont été réalisés depuis 2018, soit l’année d’arrivée au pouvoir de la CAQ.
Pour la période 2026-2027, les investissements dans ce secteur totalisent 672,5M$, dont:
- 90 M$ pour la construction de l’école secondaire du centre de services scolaires de la Rivière-du-Nord, à Prévost;
- 55,5 M$ pour la reconstruction de l’école de formation professionnelle de Châteauguay du sentre se services scolaires des Grandes-Segneuries, en Montérégie;
- et 48 M$ pour la constrution de l’école secondaire de la Commission scolaire Central Quebec, à Québec.
Le Minstre des Finances qualifie aujourd’hui le budget 2026-2027 d’être avant tout «sobre et responsable». La CAQ réaffirme également son plan de retrouver un équilobre budgétaire d’ici 2029-2030. «Nous avons choisi des investissements à long terme,» le ministre Girard a-t-il souligné, en ajoutant que «la sobriété a bien meilleur goût».
Un budget discrétionnaire trop élevé
Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale restent toutefois sur leur faim. Le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS), notamment, dénoncent le budget discrétionnaire que s’attribue le gouvernement. La CAQ se retrouve ainsi avec 250 M$ – et potentiellement jusqu’à 1,3 G$ – qui ne sont pas attribués et qui pourront être par être utilisés par le prochain chef ou la prochaine cheffe pour financer des projets qui ne sont pas encore annoncés.
«Le « coussin Fréchette-Drainville (CFD) » qui permettra au prochain premier ministre caquiste d’engager 1.3 G$ à la veille d’une élection est cynique et indécent alors que les Québécois sont abandonnés face à la hausse du coût de la vie. L’idée même de créer une cagnotte électorale à même le budget démontre le manque de crédibilité de cet exercice budgétaire», dénonce le PLQ dans un communiqué.
«Le ministre Éric Girard va passer l’été avec le ou la prochaine cheffe de la CAQ pour faire pleuvoir ces sommes et distribuer sans gêne l’argent qui aurait dû servir à venir en aide aux familles qui en arrachent. 250 millions de dollars, c’est énorme. Le réseau de l’éducation, de la santé, et les familles qui sont étranglées par leurs factures auraient pris ces sommes tout de suite», a déclaré Ruba Ghazal, coporte-parole de QS.
Du côté du Parti québécois, le chef Paul St-Pierre Plamondon affirme sur ses réseaux sociaux que le gouvernement tente malhabilement de se sortir d’un déficit qu’il s’est lui-même construit au cours des dernières années avec des «gaspillages» comme le projet avorté de Northvolt et une explosion des postes dans la fonction publique.