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Frères des écoles chrétiennes: dernière chance pour une indemnité

Une classe de l’école Saint-Sauveur, en 1942 (approx.)

Une classe de l’école Saint-Sauveur, en 1942 (approx.)

Il ne reste qu’un mois pour que les personnes ayant fréquenté les établissements des Frères des écoles chrétiennes entre 1940 et 2026 s’inscrivent pour recevoir une indemnité. Les victimes des crimes sexuels des religieux pourraient recevoir jusqu’à 270 000$.

L’entente intervenue dans le cadre d’une action collective contre les Frères des écoles chrétiennes a été approuvée par la Cour supérieure en février dernier. Bien que cette action collective implique plusieurs écoles partout au Québec, les régions de Montréal, Nicolet et Québec sont particulièrement affectées. À Québec, au moins 20 écoles pourraient être impliquées, contre 12 à Montréal et 8 à Nicolet.

Toute personne ayant été victime d’une agression sexuelle dans une de ces écoles pourrait être éligible à une indemnité. Pour ce faire, les personnes doivent avoir été victime de ces actes entre le 1er janvier 1940 et le 19 février 2026, par un membre des Frères des Écoles chrétiennes du Canada francophone. Les indemnités vont de 50 000$ à 270 000$.

Les victimes des Frères des écoles chrétiennes ont jusqu’au 7 septembre pour s’inscrire.

Plus de 300 victimes inscrites

C’est en 2018 que les premiers pas de cette action collective ont été entrepris par le cabinet d’avocats Arsenault-Dufresne-Wee.

Le tout a débuté lorsqu’une victime des écoles en question est venue de l’avant en se présentant directement à au cabinet. Après avoir raconté son récit, la victime a fait le choix d’être représentant de cette action collective. «C’est un choix qui est très lourd, de conséquence. Tout le travail est entrepris de façon bénévole par la victime, pour le bénéfice de tous les membres,» indique le Me Justin Wee.

Ce n’est ensuite que le 19 février dernier que la Cour supérieure a rendu le jugement approuvant l’Entente de règlement de l’action collective. Ceci survient quelques années après le décès du demandeur initial, qui a malheureusement perdu la vie en 2023.

Depuis, ses débuts, le dossier a «bien cheminé», selon l’avocat. Les démarches du demandeur initial auront porté fruit, alors que depuis que l’entente de règlement a été annoncée, plus de 300 inscriptions ont été reçues de la part des victimes, dont la grande majorité sont des hommes. Un chiffre «très significatif» selon le Me Wee.

«On parle, ici, de victimes qui auraient vécu ces expériences surtout dans les années 60-70,» précise-t-il. «Les Frères étaient une congrégation religieuse surtout connue pour l’éducation des élèves. Il faut se rappeler que dans les années 60, ils avaient près de 40 000 élèves. On peut dire qu’ils étaient très présents au Québec.»

Me Justin Wee, avocat

Un peu d’histoire

C’est d’ailleurs une vague d’urbanisation qui a emmené les Frères des écoles chrétiennes à la Capitale-Nationale, selon une étude menée par la chercheuse Marie-Josée Larocque, en 2001.

En 1843, les premiers d’entre-eux sont arrivés à la Ville dans un effort de vouloir urbaniser la région. Dans un contexte où plusieurs fonctionnaires et membres de la bourgeoisie ont quitté Québec en 1860 pour Montréal, elle qui était davantage industrialisée, une nouvelle bourgeoisie locale souhaitait se tailler une place à Québec. 

En 1870-1880, les Frères des écoles chrétiennes forment donc un réseau d’une dizaine d’écoles à Québec, particulièrement à la basse-ville. Près de 100 ans plus tard, en 1930, se sont 5 000 des 9 258 élèves de la Ville qui sont des élèves des Frères. 

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