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3e lien: «Les gens de Québec n’y croient plus»

Pont de Québec
Pont de Québec Photo: iStock/jnnault

Le projet du 3e lien était sur toutes les lèvres la semaine dernière, alors que la candidate à la chefferie de la CAQ Christine Fréchette a présenté son plan souhaité: un pont payant, construit au privé, avec un tracé à l’est. Mais est-ce suffisant pour convaincre la population qu’un 3e lien entre Québec et Lévis est encore possible?

Le 3e lien nourrit la politique québécoise depuis mars 2014. La Chambre de commerce et d’industrie de Québec, appuyée par la CAQ, réclamait alors une étude sur la faisabilité du projet.

L’idée d’un 3e lien reliant Québec et Lévis a vu plusieurs formes depuis. D’un tunnel à un bitube et aujourd’hui un pont à péage, plusieurs moutures ont été proposées aux Québécois. Mais la question demeure: est-ce que le projet intéresse toujours les résidents de la Capitale-National?

Marc Roussin, le conseiller de l’opposition élu dans Lac-Saint-Charles—Saint-Émile, a soulevé cette question devant le conseil municipal en décembre dernier. «Est-ce que les gens en veulent vraiment de ce projet-là? Avant de lancer un appel d’intérêt international, ils devraient sonder l’intérêt local.»

Bien qu’il semblait opposé au projet dans le passé, la position du maire de Québec, Bruno Marchand, lui, est aujourd’hui mitigée. Cette semaine, il a hésité devant l’idée d’un pont à péage construit au privé de Mme Fréchette. Mais il ne ferme pas la porte non plus. «Il y a de bonnes choses dans ce qui est proposé par Mme Fréchette. Tout ce qui est à court terme, à moindre coût et qui permet de soulager la congestion, qu’on soit pour ou contre le 3e lien, ça fait combien de temps que je vous parle de ça?», a-t-il fait savoir dans une conférence de presse.

Et du côté des citoyen.ne.s? «Moi je suis de celles qui n’y croient plus vraiment, c’est trop controversé», croit Émilie Foster, ancienne députée de la CAQ et professeure associée en politique appliquée à l’Université Carleton. «Les gens de Québec n’y croient plus. Ils voudraient, mais ils n’y croient plus, au 3e lien.»

Du pain sur la planche pour la CAQ

Les dernières données d’un sondage Léger révèlent quelques chiffres intéressants à Québec. Si une élection provinciale avait lieu aujourd’hui, 17% de la population de Québec aurait l’intention de voter pour la CAQ. Un pourcentage plus élevé que Montréal (14%), mais inférieur au reste du Québec (20%).

Avec ces projections, la CAQ se trouve dans une situation où le marketing politique entre en jeu. De là l’intérêt de mettre le 3e lien au coeur de ses préoccupations, selon Emilie Foster.

Il y a une stratégie de marketing derrière ça, dans la mesure où on veut pas laisser l’impression qu’on abandonne la région de Québec alors qu’il y a une élection qui s’en vient. […] Leurs positions doivent à la fois essayer de reprendre des comptés à Québec mais ne pas se mettre à dos le 450, là où l’élection de la CAQ pourrait se jouer.

Émilie Foster, ex-députée de la CAQ et professeure associée en politique appliquée à l’Université Carleton

Bientôt un nouveau leader au Québec

À la veille de l’élection d’un nouveau ou d’une nouvelle chef.fe à la tête de la CAQ, le Québec pourrait être dirigé de deux façons.

«Chrsitine Fréchette, dans son marketing politique, a peut-être compris l’ère du temps. Elle veut montrer une image qui est complètement différente de François Legault», souligne la professeure. «Bernard Drainville, lui, est plus à l’attaque, plus tranché, plus audacieux. (…) Mais actuellement, un marketing politique qui est plus à l’attaque, plus de front, je ne sais pas si c’est la bonne façon de faire.»

Le même sondage Léger révèle que 34% des québécois sondés croient que Christine Fréchette serait la meilleure candidate pour remplacer François Legault. Bernard Drainville, lui, obtient 10%.

La course à la chefferie prendra fin le 12 avril. D’ici là, le projet du 3e lien demeure en pause.

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