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Champions olympiques, intolérance et K. Maro à TLMEP 

K. Maro sur le plateau de Tout le monde en parle.
K. Maro Photo: Courtoisie - Éric Myre / Radio-Canada
Marie-Josée R. Roy - Collaboration spéciale

De retour après trois semaines de pause olympique, Tout le monde en parle a ratissé large dans ses sujets, à Radio-Canada, dimanche soir, allant des réussites des médaillés québécois à la montée de l’intolérance dans les écoles, en passant par le retour sur scène de Jean-Michel Anctil, le grand succès du rappeur K. Maro, la vision de Christine Fréchette, aspirante cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et les frappes contre l’Iran.

Très sympathique, l’entrevue avec K. Maro (Cyril Kamar de son vrai nom) a permis d’en apprendre sur la voix derrière le mégasuccès musical Femme Like U (2004). Après 15 ans sans nouvel album, il a dévoilé à l’automne son nouvel opus électro-pop, Place de Loréane.

Après le tsumani Femme Like U, pièce tirée du disque La Good Life (2003), dont le rayonnement a été planétaire, le Libanais d’origine a cru bon prendre un pas de recul professionnellement.

«Tout devient beaucoup trop, et peut-être trop loin de mon éducation aussi (…) J’ai préféré rester dans la musique, mais me consacrer à la production, aider d’autres artistes, créer des infrastructures…»

La coanimatrice Kim Lévesque Lizotte a rappelé que K. Maro a commencé très jeune dans la musique, à 16 ans, notamment au sein du groupe LMDS (Les Messagers du Son). S’il a évolué sur le plan créatif, l’homme assure qu’il interprète toujours ses classiques comme Femme Like U (5 millions d’écoutes par mois sur Spotify, dixit le principal intéressé, «sans promotion particulière», d’ajouter Guy A. Lepage), Crazy et Let’s Go. On a pu réentendre, dimanche, des extraits de relectures de Femme Like U de Julien Doré, Emma Peters et Cœur de pirate.

En 2007, effrayé par l’image publique qu’il traînait, véhicule de la «culture du vide», loin de son éducation, disait-il, avec «les voitures, les conquêtes, l’argent, les chaînes, la maison où on a neuf chambres alors qu’on est seul», il s’est retiré de la sphère publique, désireux de s’affranchir de ce nouveau bagage qui ne lui appartenait pas.

Aujourd’hui plus discret, Cyril Kamar, en plus de chanter, est producteur, propriétaire de la galerie d’art Keï Akai, à Montréal, et philanthrope. Comme producteur, il épaule de nouveaux talents comme Fredz et la chanteuse française Shy’m. Il ne se dit nullement nostalgique de la gloire de sa vingtaine.

«Je ne tourne pas la page dessus et je ne la tournerai jamais (…) parce que je me considère extrêmement chanceux (…). Mais, en revanche, il ne m’est pas arrivé une seconde de regretter le fait que je me sois retiré, mis à l’ombre des projecteurs. Ça m’a fait un bien fou, c’est vraiment ce dont j’avais besoin (…) Je n’ai aucun regret», a posément expliqué K. Maro.

Jean-Michel Anctil: la scène pour ses 60 ans

Jean-Michel Anctil a revu, en fin d’émission, un extrait d’un de ses passages à Tout le monde en parle, en 2009, où il faisait un grand écart à son entrée sur le plateau.

L’humoriste, comédien et animateur s’apprête à renouer avec ses premiers amours en revenant avec un nouveau spectacle, SURPRISE… C’est ma fête!, duquel il donnera 60 représentations pour ses 60 ans.

La fin de son dernier one man show, Je4n-Michel, lancé en 2017, qu’il annonçait comme son dernier, remonte à sept ans. Il s’est laissé convaincre de récidiver sur les planches en se faisant conseiller de faire «60 partys pour ses 60 ans». L’artiste compte ramener ses célèbres personnages (Râteau, Priscilla) ainsi que des invités surprises (il a cité en exemple Véronique Claveau – qui l’avait surpris dans le personnage de Raclette, pendant féminin de Râteau, lors de son Grand Bien-Cuit ComediHa! –, P-A Méthot, Dominic Paquet, Mike Ward et Laurent Paquin). Anctil a même lancé l’invitation à Guy A. Lepage à réenfiler les vêtements de Mme Brossard et à le rejoindre lors d’une représentation.

Le gagnant de la dernière saison de Sortez-moi d’ici!, à TVA, a aussi raconté pourquoi, après la fin de son deuxième spectacle, Rumeurs (734 représentations et plus de 500 000 billets vendus), en 2005, il promettait ne plus jamais vouloir se retrouver seul sur scène. «Je ne me trouve plus drôle», justifiait-il à l’époque. C’est parce qu’il était brûlé, explique aujourd’hui Jean-Michel Anctil, qui dit avoir appris à s’écouter et à doser son horaire depuis.

Les Jeux olympiques en famille pour Kingsbury

Récemment médaillés aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, Valérie Maltais (patineuse de vitesse longue piste, une médaille d’or et deux médailles de bronze, seule athlète canadienne médaillée olympique en courte piste et en longue piste) et Mikaël Kingsbury (skieur acrobatique le plus décoré de tous les temps, médaille d’or et médaille d’argent) sont revenus sur leurs récents exploits en Italie.

Il a notamment été question de la présence du fils de Kingsbury, le petit Henrik, 1 an, sur place lors des épreuves.

«Je faisais juste penser à lui et sa petite face. Ça me ramenait le cœur au bon endroit», a déclaré le fier papa, qui savait alors qu’il en était à sa dernière performance olympique et qui souhaitait que sa famille conserve des souvenirs de ces grands moments.

Kingsbury avance qu’il ne se verrait pas, à 37 ans, concilier sa vie d’entraînements et de compétitions avec sa réalité de jeune parent. Il caresse plusieurs projets pour la suite de son parcours, comme agrandir sa famille, jouer au golf et ajouter des dates à son camp de ski.

Valérie Maltais aussi vivait ses derniers Jeux olympiques en carrière, un tournant qu’elle assume totalement.

«Ces Jeux-là, je les ai célébrés pleinement (…) Je me sens très sereine dans tout ça», a mentionné celle qui dit ne pas être très émotive, et qui précise ne pas envisager la retraite pour autant. «Je vais continuer l’année prochaine…»

Tous deux ont par ailleurs indiqué soutenir totalement les propos du patineur de vitesse Laurent Dubreuil, qui a récemment dénoncé le sous-financement des athlètes olympiques canadiens, entre autres dans une chronique dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec.

À cet égard, Mikaël Kingsbury a fait valoir que certains pays perçoivent une taxe spéciale sur des produits comme le tabac et l’alcool, laquelle est directement redistribuée aux athlètes.

«Le monde qui prennent moins soin d’eux, ça s’en va au monde qui veulent prendre soin d’eux», a ironisé le sportif.

La CAQ «redevient une option», croit Fréchette

Actuellement en tournée du Québec pour mousser sa candidature à la chefferie de la CAQ, où elle détient l’avance selon un récent sondage Pallas Data-Qc125-L’actualité, Christine Fréchette estime que le parti fondé par François Legault «redevient une option» auprès des Québécois, et qu’elle-même, en étant notamment d’une autre génération que François Legault (la génération X), peut insuffler une nouvelle image à la formation. Il a été question, avec elle, du conflit avec les médecins spécialistes, du troisième lien, d’immigration, d’avortement et du scandale SAAQclic.

La politicienne, qui jure ne pas avoir été préalablement avertie de la démission de François Legault, a rappelé ses nombreuses implications sociales au fil du temps: mouvement étudiant, lutte pour les jeunes parents, pour l’égalité hommes-femmes, pour l’Est de Montréal… «Je crois que j’ai une manière de faire qui plaît».

À Kim Lévesque Lizotte, qui lui demandait si elle est plus discrète ou stratégique que son adversaire Bernard Drainville, Christine Fréchette a répondu qu’elle «prend parfois quelques jours de plus pour bien réfléchir, consulter les gens», ce qui a fait éclater de rire Guy A. Lepage. «Je suis moins vindicative, rapidement…»

On a enfin discuté des frappes sur l’Iran avec Miloud Chennoufi, chercheur à l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la Chaire Raoul-Dandurand, et le journaliste correspondant de Radio-Canada à Washington, Louis Blouin.

En ce qui a trait à la montée de l’intolérance dans les écoles, les chercheurs Francis Dupuis-Déri et Sony Carpentier ont tenu des propos alarmants. Présent sur le terrain et rapportant des observations partagées par des professeurs (dont environ un tiers provenant du niveau primaire), Francis Dupuis-Déri a confirmé qu’une montée du masculinisme, de la misogynie, de l’homophobie, de la transphobie et de la xénophobie est palpable chez les jeunes, surtout chez les 14 à 16 ans, dont plusieurs sont de grands admirateurs de Donald Trump, Elon Musk et Andrew Tate. Le spécialiste soutient que l’islamisme joue un rôle dans ces mentalités, et que plusieurs professeurs estiment que la solution passe par la laïcité.

En souhaitant la bienvenue au public, dimanche, Guy A. Lepage a relaté l’histoire troublante d’une téléspectatrice reçue la semaine dernière par courriel: la dame avait trouvé son fils dans son lit, inanimé, intoxiqué aux opiacées, et a dû lui prodiguer un massage cardiaque. Elle a réussi à sauver son garçon parce qu’elle gardait à la maison de la naloxone (gratuite en pharmacie)… depuis que le sujet avait été abordé à Tout le monde en parle. Guy A. Lepage a conseillé à tout le monde de garder de la naloxone chez soi.

«Parfois, nos enfants prennent des trucs sans le savoir, ou volontairement. On pense tous que nos enfants ne feraient jamais ça. Mais, dans le fond… On ne le sait pas», a souligné l’animateur.

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