Le Parti québécois (PQ) remporte les élections et forme un gouvernement minoritaire. Presque rayé de la carte en 2022 avec seulement trois députés élus, le parti de Paul St-Pierre Plamondon fait tout de même un retour en force impressionnant avec 59 sièges à l’Assemblée nationale.
Les péquistes ont effectué une remontée solide pour regagner le cœur des régions et de la banlieue de Montréal, où ils ont fait leurs principaux gains. Le parti a été porté au pouvoir pour la dernière fois en 2012, sous le gouvernement minoritaire de Pauline Marois. Il n’a pas formé un gouvernement majoritaire depuis la défaite face à Jean Charest en 2003.
Aux dernières élections, seules les circonscriptions de Matane-Matapédia, Îles-de-la-Madeleine et Camille-Laurin, où siège Paul St-Pierre Plamondon, avaient été rescapées par les péquistes. Ce nombre s’est ensuite élevé à sept grâce à des élections partielles.
Déclin historique de la CAQ
La CAQ, quant à elle, passe de deux mandats majoritaires successifs à une présence nulle sur la carte électorale. Le parti mené par François Legault avait raflé 90 sièges aux dernières élections, un cap qui n’avait pas été dépassé depuis le régime de Robert Bourassa en 1989.
L’éventualité d’une disparition complète du parti à l’Assemblée nationale se concrétise.
Fréchette a le Québec «tatoué sur le coeur»
La première ministre sortante, Christine Fréchette, est battue par le PQ dans Trois-Rivières, et ne pourra pas siéger à l’Assemblée nationale. «Les Québécois ont parlé, leur choix est clair, et je le respecte», a émis la cheffe caquiste dans son discours de défaite, dont elle «assume l’entière responsabilité».
Félicitant le nouveau premier ministre du Québec, Mme Fréchette a décrété qu’elle «veillerait avec lui à une transition ordonnée, complète et respectueuse» pour prendre les rênes de la gouvernance du Québec, «une énorme responsabilité».
La cheffe caquiste n’a pas manqué de mentionner que seulement quelques mois plus tôt, elle devenait la deuxième femme à devenir première ministre du Québec.
Les promesses phares
Paul St-Pierre Plamondon aura maintenant du pain sur la planche, que son gouvernement soit minoritaire ou majoritaire. Outre tenir un référendum sur l’indépendance du Québec – mais pas tant que Donald Trump est encore au pouvoir – quelques promesses phares du PQ sont de réduire les seuils d’immigration temporaire et diminuer l’itinérance de moitié dans un premier mandat.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, et le maire de Québec, Bruno Marchand, avaient été des lanceurs d’alerte importants quant à l’enjeu de l’itinérance au Québec. Le nombre de personnes en situation d’itinérance a doublé sous la CAQ, et Paul St-Pierre Plamondon a affirmé qu’il serait personnellement responsable de ce dossier.
La banlieue et la région
Le vote des électeurs de la Rive-Sud et de la Rive-Nord de Montréal aura été décisif, puisqu’à elles seules, ces circonscriptions représentent le tiers des 127 sièges à l’Assemblée nationale. Le PQ fait pratiquement table rase dans la couronne Nord, mais le Sud est plus difficile à charmer, particulièrement l’Est de la Montérégie.
Les anciennes circonscriptions caquistes de Chambly, détenue par Jean-François Roberge, et Borduas, où se représentait Simon Jolin-Barrette, ont été dévalisées par le vote péquiste. Vachon, ancien siège d’Ian Lafrenière, voit les libéraux prendre de l’avance.
Québec conservatrice
Dans la région de Québec, c’est le Parti conservateur (PCQ) qui a réussi à dérober une grande partie des sièges au gouvernement sortant, notamment avec sa promesse de troisième lien.
Vers 22h15, le parti d’Éric Duhaime était en avance dans l’ensemble des circonscriptions de la Rive-Sud et de la Rive-Nord de Québec. Il pouvait aussi espérer des gains en Estrie et au Centre-du-Québec.
Le PLQ obtient quant à lui Jean-Talon. QS conserve Jean-Lesage et Taschereau.
Plus de détails à venir.
