Soutenez

Le Parti québécois remporte un gouvernement minoritaire

Paul St-Pierre Plamondon
Paul St-Pierre Plamondon Photo: Collaboration spéciale - Frannçois Robert-Durand

Le Parti québécois (PQ) remporte les élections et forme un gouvernement minoritaire. Presque rayé de la carte en 2022 avec seulement trois députés élus, le parti de Paul St-Pierre Plamondon fait tout de même un retour en force impressionnant avec 59 sièges à l’Assemblée nationale.

Les péquistes ont effectué une remontée solide pour regagner le cœur des régions et de la banlieue de Montréal, où ils ont fait leurs principaux gains. À 23h, le PQ était en avance dans 59 circonscriptions. La seuil pour la majorité est 64.

M. St-Pierre Plamondon a rappelé que son parti était au bord de la faillite il y a quelques années seulement.

«Retrouver l’espoir, retrouver l’optimisme, ça fait du bien. Aux quatre coins du pays, j’ai rencontré des gens qui, au lieu de céder à la peur, ont choisi l’espoir et le changement», a-t-il dit.

Le parti avait été porté au pouvoir pour la dernière fois en 2012, sous le gouvernement minoritaire de Pauline Marois. Il n’a pas formé un gouvernement majoritaire depuis la défaite face à Jean Charest en 2003.

Travailler avec les autres partis

Paul St-Pierre Plamondon a reconnu que les Québécois lui ont accordé le mandat de travailler avec les autres partis. Dès son discours de victoire, il a confirmé qu’il pigera dans les plateformes des autres formations.

«Il y aura une mise à jour économique cet automne. Je peux tout de suite confirmer que nous allons travailler de sorte que le budget reflète des éléments du programme électoral de tous les partis. Je pense qu’il y a de bonnes idées dans chaque parti politique au Québec.»

J’aurai toujours le soucis de collaborer avec les autres partis. Le PQ sera un gouvernement qui tend la main, et je serai le premier ministre de toutes les Québécoises et de tous les Québécois.

Paul St-Pierre Plamondon

Cap sur un référendum

Le Québec est désormais a nouveau sur la voie d’un référendum pour déterminer son avenir politique. Un projet qui rend certains nerveux, étant donné le contexte économique actuel.

M. St-Pierre Plamondon a réitéré que l’indépendance du Québec ne signifie pas la fin de toute entente avec le Canada.

«J’aimerais adresser quelques paroles à nos voisins et partenaires du Canada anglais. Le projet de l’indépenance n’est pas construit contre vous. Le Québec sera un partenaire de bonne foi. Nous avons intérêt à travailler ensemble et à nous entendre. À toutes les fois qu’il y aura des occasions de collaborer et que cette collaboration est dans l’intérêt du Québecc, on sera là.»

Québec conservatrice

Dans la région de Québec, c’est le Parti conservateur (PCQ) qui a réussi à dérober une grande partie des sièges au gouvernement sortant, notamment avec sa promesse de troisième lien.

Vers 22h15, le parti d’Éric Duhaime était en avance dans l’ensemble des circonscriptions de la Rive-Sud de Québec. Il remportait aussi Louis-Hébert, La Peltrie, Chauveau, Vanier-Les Rivières, Charlesbourg, Montmorency et Charlevoix-Côte-de-Beaupré. Il pouvait aussi espérer des gains en Estrie et au Centre-du-Québec.

Le PLQ obtient quant à lui Jean-Talon. QS conserve Jean-Lesage et Taschereau.

La banlieue et la région

Le vote des électeurs de la Rive-Sud et de la Rive-Nord de Montréal aura été décisif, puisqu’à elles seules, ces circonscriptions représentent le tiers des 127 sièges à l’Assemblée nationale. Le PQ fait pratiquement table rase dans la couronne Nord, mais le Sud est plus difficile à charmer, particulièrement l’Est de la Montérégie.

Les anciennes circonscriptions caquistes de Chambly, détenue par Jean-François Roberge, et Borduas, où se représentait Simon Jolin-Barrette, ont été remportées par le PQ. Vachon, ancien siège d’Ian Lafrenière, voit les libéraux prendre de l’avance.

Au total, le PQ remporte 12 circonscriptions de la Montérégie, contre 8 pour le Parti libéral du Québec. Laval passe entièrement au rouge.

Échec à Montréal

Le Parti québécois espérait faire plusieurs gains à Montréal, surtout aux dépens de Québec solidaire. S’il a réussi à arracher Pointe-aux-Trembles des mains de la CAQ, c’est l’échec ailleurs.

Son meilleur pari était Maurice-Richard. C’est finalement Nada Boumeftah du PLQ qui cause la surprise. Rosemont et Hochelaga-Maisonneuve restent du côté solidaire.

Saint-Henri-Sainte-Anne et Verdun n’ont toutefois pas résisté au regain du vote libéral. Ces deux circonscriptions reviennent dans le giron du PLQ après un mandat solidaire.

Déclin historique de la CAQ

La CAQ, quant à elle, passe de deux mandats majoritaires successifs à une présence nulle sur la carte électorale. Le parti mené par François Legault avait raflé 90 sièges aux dernières élections, un cap qui n’avait pas été dépassé depuis le régime de Robert Bourassa en 1989. 

L’éventualité d’une disparition complète du parti à l’Assemblée nationale se concrétise.

La première ministre sortante, Christine Fréchette, est battue par le PQ dans Trois-Rivières, et ne pourra pas siéger à l’Assemblée nationale. «Les Québécois ont parlé, leur choix est clair, et je le respecte», a émis la cheffe caquiste dans son discours de défaite, dont elle «assume l’entière responsabilité».

Félicitant le nouveau premier ministre du Québec, Mme Fréchette a décrété qu’elle «veillerait avec lui à une transition ordonnée, complète et respectueuse» pour prendre les rênes de la gouvernance du Québec, «une énorme responsabilité».

La cheffe caquiste n’a pas manqué de mentionner que seulement quelques mois plus tôt, elle devenait la deuxième femme à devenir première ministre du Québec.

Les promesses phares

Paul St-Pierre Plamondon aura maintenant du pain sur la planche, que son gouvernement soit minoritaire ou majoritaire. Outre tenir un référendum sur l’indépendance du Québec – mais pas tant que Donald Trump est encore au pouvoir – quelques promesses phares du PQ sont de réduire les seuils d’immigration temporaire et diminuer l’itinérance de moitié dans un premier mandat.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, et le maire de Québec, Bruno Marchand, avaient été des lanceurs d’alerte importants quant à l’enjeu de l’itinérance au Québec. Le nombre de personnes en situation d’itinérance a doublé sous la CAQ, et Paul St-Pierre Plamondon a affirmé qu’il serait personnellement responsable de ce dossier.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Toute l'actualité locale au même endroit.

En vous inscrivant à Mon Métro, vous manifestez votre engagement envers la presse locale. + Profitez d’une expérience numérique personnalisée en fonction de vos champs d’intérêt et du quartier où vous résidez. + Sélectionnez vos articles favoris pour une lecture en différé.