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Débat des chefs – Le PQ davantage ciblé

Paul St-Pierre Plamondon salue la foule à son arrivée au Face-à-face TVA le 15 septembre 2026.

Paul St-Pierre Plamondon

Maïté Paradis - Collaboration spéciale

Meneur dans les sondages, le chef du Parti québécois (PQ) a été beaucoup plus attaqué par ses adversaires lors du Débat des chefs de Radio-Canada que lors des joutes précédentes. Paul St-Pierre Plamondon s’est notamment fait talonner sur sa volonté de réduire les seuils d’immigration et de couper dans la fonction publique.

À douze jours des élections, les chefs des cinq principaux partis ont croisé le fer pour une dernière fois dans le cadre de cette campagne électorale. Alors que la première ministre sortante Christine Fréchette avait reçu le plus de pointes lors des deux joutes précédentes, les tirs se sont réajustés vers le parti qui domine dans les sondages. Le dernier coup de sonde montre que le PQ récolte 29% des intentions de vote, contre 23% pour le Parti libéral du Québec (PLQ) et 20% pour la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Le chef péquiste a eu du fil à retordre de la part de ses adversaires, particulièrement en matière d’immigration.

«Dans le contexte économique actuel, la proposition de M. Plamondon de retourner la moitié des travailleurs étrangers temporaires est une catastrophe économique», a énoncé le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, à la suite d’une question sur l’importance de la main-d’œuvre immigrante en région.

Le chef du PQ s’est défendu en disant que le nombre d’immigrants temporaires au Québec a significativement augmenté sous la CAQ. Le chiffre est passé de 100 000 à 600 000 en huit ans, mettant davantage de pression sur les services publics.

«Ça a créé une crise du logement, parce qu’on n’est évidemment pas capable de construire à ce rythme-là», a avancé Paul St-Pierre Plamondon. Il cite dans le même souffle un recul du français parmi la population et le manque de places en CPE.

«La crise du logement existait […] bien avant qu’on ait une augmentation du nombre d’immigrants temporaires», a rétorqué la cheffe de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal.

Le PQ propose de baisser le seuil d’immigration permanente à 35 000 nouveaux arrivants par année et de réduire de 50% l’immigration temporaire.

Un discours «assaini»

Ces attaques sont survenues au lendemain d’un échange controversé au sein du caucus péquiste. Mardi, le candidat du PQ dans Sherbrooke, Gabriel Pallotta, a publiquement désapprouvé du discours de son parti en matière d’immigration et jugé que celui-ci devrait être «assaini». Il a ensuite retiré ses propos et blâmé la «pression et l’hostilité» du débat local auquel il participait.

Questionné à ce sujet en point de presse, M. St-Pierre Plamondon a répondu que la déclaration de son candidat avait été mal interprétée. «Il [aimerait] que Québec solidaire arrête de faire croire que [le PQ] s’en prend aux immigrants, alors qu’on parle toujours de seuil d’immigration», a-t-il expliqué.

Couper au scalpel ou à la tronçonneuse?

Paul St-Pierre Plamondon a également été attaqué sur sa proposition de couper dans la taille de l’État, qu’il juge «obèse».

«Votre cadre financier promet 500 M$ en coupures dans les six premiers mois. […] Qui sont ces gens qui vont perdre leur emploi le 6 octobre prochain?», a lancé Charles Milliard à l’intention du chef péquiste. Le chef libéral qualifie d’«impossible» la réalisation de cet objectif dans un aussi court délai.

Une des mesures phares du PQ est l’abolition de Santé Québec, dont il espère soutirer 340 M$ sur cinq ans.

Confronté au rapport commandé par Santé Québec affirmant qu’elle a permis d’économiser 1,9 G$ au réseau de la santé en un an, le chef péquiste a rétorqué que crédibiliser le rapport de la société d’État était comparable à «faire un sondage ici et demander à chaque parti politique si leur campagne va bien».

En cinq ans, le PQ espère soutirer 6,6 G$ de coupures en fonction publique, ce qui représenterait l’abolition de 16 000 postes.

«On s’engage à ne supprimer aucun poste qui donne des services, mais à s’attaquer à l’explosion de la bureaucratie et des chèques tous azimuts à des multinationales», a-t-il assuré, faisant référence à la croissance de 24% de la taille de l’État sous la CAQ, qui a atteint 70 000 fonctionnaires à l’échelle de la province.

«Entre le bar ouvert de la CAQ et le désert du PQ, il y a une solution mitoyenne», a affirmé Charles Milliard. Son parti propose de couper 12 000 fonctionnaires.

«On s’en va dans des années difficiles, peu importe si on coupe au scalpel ou à la tronçonneuse», a laissé tomber Mme Ghazal.

3e lien: Duhaime persiste et signe

Le PCQ est le seul des partis à proposer un projet de troisième lien qui passe par l’île d’Orléans. Mercredi, les six maires de l’île ont déclaré par communiqué être en désaccord avec cette idée, qui raccorderait l’île d’Orléans à la Rive-Sud de Québec. Éric Duhaime a affirmé en point de presse que la position des maires ne reflète pas les résultats du sondage mené par son parti auprès des citoyens.

«Oui, les élus se représentent eux-mêmes, mais quand on demande à la population directement […] il y a plus de gens qui sont favorables à l’île d’Orléans que contre», a-t-il dit. Le chef conservateur a assuré qu’il irait à l’encontre des citoyens et réussirait à les convaincre de son projet.

Les Québécois seront appelés aux urnes le 5 octobre. Le vote par anticipation aura lieu les 27 et 28 septembre.

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