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Travaux de TramCité: «Ça n’a juste pas de bon sens»

Salon de coiffure Le Mïst, à Québec
Les travaux du tramway affectent déjà plusieurs commerces, à Québec Photo: Gracieuseté- Salon de coiffure Le Mïst

La Ville de Québec verra-t-elle enfin son tramway? Chose certaine, les travaux préparatoires sont bien entamés… et les maux de tête des commerçants aussi. 

Alors que les travaux ont déjà débuté sur le Boulevard Laurier et le Boulevard Pie X-II, d’autres endroits clés de la Ville devront s’ajuster à de nouveaux plans de circulation dans les prochains mois. C’est le cas du quartier de Montcalm, qui doit déjà se plier aux travaux du projet ambitieux de la Ville.

Afin de permettre une circulation fluide à l’arrivée des travaux de TramCité, plusieurs parcours du Réseau de transport de la capitale (RTC) ont dû être modifiés. Depuis le 21 mars dernier, 50 parcours du réseau ont été ajustés afin de contourner les chantiers du tramway. Mais ce n’est pas tout: des travaux sont aussi en cours sur le réseau souterrain de Bell, sur la traverse Cartier/René-Lévesque du quartier. 

Plusieurs défis à l’avenir

Ces travaux génèrent déjà des maux de tête chez certains. C’est le cas de la boutique Lucinocte, sur le boulevard René-Lévesque, qui compose déjà avec plusieurs défis. Située au cœur de Montcalm, la boutique spécialisée en lampes et en abats-jours doit tenter de rassurer sa clientèle, elle qui est déjà inquiète et confuse par les travaux alors qu’ils ne font que tout juste commencer. 

«Il n’y a pas une journée où mes clients ne me demandent pas, Qu’est-ce qui se passe? Allez-vous fermer? Il y a beaucoup d’inquiétude de la part de mes clients, mais de ma part aussi,» s’explique Josée Dussault, propriétaire de Lucinocte. Alors que sa boutique opère depuis près de 40 ans, Josée Dussault craint devoir possiblement fermer en raison des travaux. «C’est sûr que s’il y a une pelle mécanique pendant un mois de temps devant mon commerce, je ne pourrai pas survivre longtemps. Si je n’ai plus de clients, je vais devoir prendre ma retraite. Ce n’est pas ce que je veux, mais je n’aurai pas d’autre choix.»

Bien qu’elle sache que la Ville compte offrir un soutien financier aux commerces affectés, Josée Dussault a peu d’espoir qu’elle réussira à obtenir une compensation. Dans un cas comme celui-ci, la propriétaire anticipe qu’elle aura seulement recours à de l’aide financière après plusieurs mois de travaux, lorsqu’elle sera en mesure de prouver une perte de revenus. «Il faut être capable de survivre, puis après on peut demander une aide financière,» s’explique-t-elle. «Généralement, on remplit les formulaires, puis on ne sait pas si on va avoir quelque chose ou pas.»

Le restaurant Freshii, est, lui aussi, peu optimiste. «Si ils ferment tout et qu’on n’a plus les gens du coin parce que la circulation est trop compliquée, ça peut changer complètement la donne,» s’explique France Landry, propriétaire du comptoir-santé situé sur le boulevard René-Lévesque. Malgré ses efforts pour obtenir des réponses de la part de la Ville, la propriétaire est restée sans réponse. «On appelle TramCité, ils ne répondent pas, ils ne savent rien,» déplore-t-elle. «J’ai demandé une subvention, ils m’ont dit que ce n’était pas encore prêt pour notre secteur. Je ne comprends pas.»

D’autres moins chanceux

D’autres commerces, eux, ont peu d’autres options que de fermer. C’est le cas de la succursale de Limoilou de Pizza Salvatoré.  Après presque 40 ans de service dans le quartier, la succursale de la bannière bien connue devra fermer ses portes en raison des travaux du tramway. 

«Le Pizza Salvatoré de Limoilou, sur la 1re Avenue, a reçu une lettre d’expropriation. Après 30 à 40 ans dans le quartier, le commerce devra quitter les lieux d’ici le 1er septembre 2026 pour faire place au projet du tramway de Québec,» s’est expliqué Guillaume Abbatiello, coprésident de la chaîne de restaurants, dans une publication Facebook. Le propriétaire du commerce a toutefois noté qu’il travaille déjà afin de trouver un nouveau local pour continuer à servir la clientèle du quartier. 

Sébastien Champagne, lui, avait déjà anticipé les défis quelques années auparavant. Propriétaire du magasin de thés Sebz, le propriétaire a malheureusement dû dire adieu à son commerce il y a trois ans, après 15 ans d’existence. Bien que la pandémie aura contribué au déclin du commerce, les travaux du tramway n’ont certainement pas aidé l’entrepreneur. Selon le tracé de TramCité en 2023, le projet d’infrastructure devait passer devant les thés Sebz.

Dans une entrevue accordée au Journal de Québec en 2023, Sébastien Champagne avouait que sans ces travaux, son commerce serait toujours ouvert aujourd’hui.

Une annonce de travaux… à 3 jours de préavis

Sans réponses adéquates de la Ville, certains commerces ont dû prendre les choses en main. C’est le cas du salon de coiffure Le Mïst, situé près du Grand Théâtre. Tout comme plusieurs autres, ce salon de coiffure vit un mal de tête depuis plusieurs semaines pour tenter de contourner les travaux du tramway. 

C’est pourquoi, le 18 mars dernier, sa propriétaire Roxanne Bourque a déposé une plainte officielle à la Ville. Elle y dénonce, entre autres, les délais d’avis inacceptables face aux travaux. Alors que le RTC annonçait des changements à ses parcours d’autobus dès le 21 mars, Roxanne en a seulement été avisée trois jours avant. 

Roxanne n’est pas la seule. Martin Parrot, propriétaire du restaurant Le Griendel, n’a jamais vu de tels délais d’avis depuis l’ouverture de son restaurant en 2015. L’été approche à grands pas pour ce restaurant clé du secteur, et Martin Parrot n’a aucune idée à quoi s’attendre. «Ça n’a juste pas de sens,» s’exprime-t-il. «La Ville a l’air de s’excuser à chaque fois, de faire des vœux pieux, mais la réalité c’est que c’est continuellement mal organisé.»

Bien qu’elle sache quels défis lui réservent l’avenir, la propriétaire du salon Le Mïst demeure confiante. «On ne fermera pas. À moins que (les travaux) deviennent extrêmes, ce n’est pas dans nos projets de fermer.»

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