Gisèle Pelicot extrêmement touchante à «Tout le monde en parle»
«Face à l’innommable, elle a choisi la joie comme acte de résistance», a mentionné Guy A. Lepage au moment de présenter Gisèle Pelicot au public de Tout le monde en parle, à ICI TÉLÉ, dimanche soir. L’une des personnalités les plus «formidables» qu’il ait rencontrées sur son plateau en 22 ans, a-t-il souligné en fin d’entrevue.
Ce seul entretien télé en français en Amérique du Nord, dans le cadre de la tournée mondiale de Madame Pelicot pour la promotion de son livre Et la joie de vivre, était strictement minuté, à l’exigence de l’entourage professionnel de la dame, a précisé Guy A. Lepage d’entrée de jeu.
L’histoire de Gisèle Pelicot a capté l’attention en 2020, lorsque le public a appris que son mari de l’époque la droguait pour permettre à d’autres hommes de la violer à son insu. Elle a ainsi été victime d’une cinquantaine de personnes.
Très posée et articulée, Gisèle Pelicot a expliqué la signification du titre de son ouvrage, Et la joie de vivre. Un titre très lumineux, a tenu à spécifier Jean-Sébastien Girard, coanimateur de la soirée.
«Ce livre parle de trois générations de femmes qui m’ont transmis cette joie de vivre: ma grand-mère, ma mère, et ce que je représente aujourd’hui devant vous, cette joie de vivre. J’ai voulu surtout (…) transmettre ces messages d’espoir, se dire qu’on pouvait traverser des moments extrêmement difficiles, douloureux, mais qu’on avait tous en nous les ressources nécessaires pour pouvoir se relever», a résumé Madame Pelicot, altière, qui n’a jamais hésité ou craqué devant les questions qu’on lui posait dimanche.
«La haine et la colère, je n’ai jamais ressenti cette chose-là, parce que je trouve qu’elle ne résout rien. Elle nous détruit plus qu’autre chose. (…) Toutes les victimes de violences sexuelles traversent des moments compliqués; moi-même, je suis passée par là. Mais j’ai trouvé le chemin de la résilience, et ça, c’est très important, pour être en paix avec soi-même.»
Madame Pelicot a qualifié d’une «violence extrême, une déflagration, un tsunami» le choc qui a suivi l’annonce des policiers qui l’ont informée, en novembre 2020, des plus de 200 viols qu’elle avait subis entre 2011 et 2020, de la part de son mari et d’une cinquantaine d’autres hommes. Son ex-conjoint, Dominique Pelicot (que Gisèle Pelicot appelle aujourd’hui respectueusement «Monsieur Pelicot») orchestrait et filmait les agressions, alors que son épouse était droguée à son insu aux anxiolytiques. Les autres hommes et lui ont été reconnus coupables de ces faits en décembre 2024.
«Ma vie s’est écroulée. J’ai partagé 50 ans avec Monsieur Pelicot. (…) Je décris ce monsieur comme quelqu’un d’attentionné, de bien intentionné à mon égard, de bienveillant. Bien sûr que la réalité des faits a été pour moi d’une violence extrême.»
Guy A. Lepage a questionné la battante de 74 ans sur les médecins qui, longtemps, n’ont pas su identifier les symptômes gynécologiques dont elle souffrait; sur la levée du huis clos au procès des accusés; sur sa relation fragile avec sa fille Caroline Darian; sur le nom Pelicot qu’elle conserve pour ses petits-enfants et sur les nouveaux soupçons qui pèsent sur Monsieur Pelicot dans un dossier de viol et de meurtre survenus en 1991.
Elle espère par ailleurs aller rencontrer Monsieur Pelicot en prison pour aller chercher des réponses, dans une «démarche de reconstruction». «Et une manière aussi de lui dire adieu».
«J’espère profiter pleinement des années qu’il me reste à vivre dans l’apaisement et la sérénité», a conclu celle qui est de nouveau amoureuse. Elle était justement accompagnée de son partenaire à Tout le monde en parle.
Âge et richesse
Sur une note plus légère, Christian Bégin, surnommé «le roi de Télé-Québec» par Guy A. Lepage (parce que ses émissions Curieux Bégin et Y’a du monde à messe en sont respectivement à leur 19e et 10e saison sur les ondes de la chaîne publique) a parlé de son rapport au temps. Il vient de célébrer ses 63 ans, le 16 mars.
«On a un rapport dichotomique avec le vieillissement. (…) On nous envoie des images de vieux qui vieillissent magnifiquement sur tous les réseaux sociaux, mais la vieillesse plus dure, la vieillesse esseulée, on la cache. On n’arrête pas de me dire: tu ne fais pas ton âge, comme si c’était une victoire de ne pas faire mon âge… Alors que, non; j’ai 63 ans, je les porte et je devrais célébrer ça», a philosophé l’homme qui a traversé une intervention chirurgicale pour une tumeur au cerveau, il y a trois ans.
De retour pour une deuxième année comme investisseur à Dans l’œil du dragon, qui en est à sa 15e saison, Luc Poirier a eu l’occasion de faire le point sur son image médiatique des dernières années, sur son niveau de richesse et sur ses terrains vendus à Northvolt.
Ne trouve-t-il pas indécent d’étaler sa richesse en ces temps où d’autres peinent à payer leur loyer?, s’est enquis Jean-Sébastien Girard.
«Je redonne beaucoup, en argent mais aussi en temps. L’année passée, j’ai fait 44 jours de bénévolat. (…) Il y a plein d’enfants malades que je reçois à mon entrepôt de voitures», s’est défendu l’homme d’affaires.