Culture

Fabienne Synnott : potière jusque dans le coeur

L’artiste Fabienne Synnott a déniché un inspirant petit coin de paradis, parfait pour la création, au pied des cascades à Lac-Beauport, il y a trois ans. C’est là qu’elle a décidé de nourrir sa passion pour la poterie.

Mme Synnott possède une formation en enseignement des arts de l’Université McGill. C’est pendant ses études qu’elle a rencontré un maître potier qui l’a inspirée. «C’était très clair pour moi, dès le début de ma formation en 1981, que je me dirigeais vers la poterie. Je me suis longtemps promené entre la peinture, la sculpture, la gravure et la céramique, mais la poterie me permettait de réunir toutes ces formes d’art. En plus, la poterie est un défi infini. Je ne ferai jamais le tour du jardin», souligne l’artiste.

Elle avoue cependant que la céramique n’est pas sa nature. «C’est quelque chose que j’apprivoise depuis toujours, car je suis davantage intellectuelle. Ça m’aide à me centrer sur moi et à faire le vide», dit-elle. Pour créer un objet décoratif ou utilitaire, elle façonne l’argile en utilisant différentes techniques, dont le pot pincé, le galettage et, la plus connue, le tournage.

L’idée apparaît d’abord sur papier ou dans sa tête. L’argile a été préalablement pesée et pétrie, une opération assez physique, que Mme Synnott préfère réaliser la veille. Au petit matin, elle s’installe, puis elle tourne. «Tant que j’ai l’énergie et la concentration pour le faire, car la céramique ne pardonne pas. Il faut faire preuve de lâcher-prise, apprendre les limites réelles de la matière, établir un dialogue avec elle», explique Mme Synnott, qui est également professeure de musique au primaire.

Technique et sensation

Elle crée en série, mais ne prend pas le temps de mesurer les diamètres et les hauteurs. «Je me fie à la sensation intérieure du geste, pour garder la fluidité de celui-ci», dit-elle. Lorsque l’objet a trouvé sa forme, il doit sécher jusqu’à ce qu’il obtienne la consistance voulue. «Cela me permettra de le manipuler sans le briser», précise Mme Synnott.

Elle réalise ensuite l’étape dite du «tournassage», qui comprend la finition du pied, l’assemblage des différentes composantes de l’objet, l’estampage, la gravure, etc. Elle dégourdit ensuite la pièce par une première cuisson dans le four électrique, «pour qu’elle devienne permanente et ne soit plus aussi fragile», indique l’artiste.

Après la coloration et l’émaillage, elle entreprend la deuxième cuisson à plus haute température, pour amener les glaçures à maturité. «Celle-ci s’effectue dans le four au gaz, car il y a quelque chose de fondamental à s’occuper du feu. On se sent connecté à quelque chose», dit-elle alors que l’ouvrage est terminé.

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