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Christine Fréchette sceptique d’un Québec indépendant

Christine Fréchette

Christine Fréchette

Maïté Paradis - Collaboration spéciale

La première ministre sortante Christine Fréchette remet en question la viabilité financière d’un Québec indépendant. La cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ) estime que le contexte actuel de guerre tarifaire avec les États-Unis ajoute déjà trop d’incertitude à l’économie québécoise.

«Ce n’est vraiment pas le moment de créer une imprévisibilité et une incertitude politique associée à la tenue d’un référendum», affirme Christine Fréchette en conférence de presse à Saint-Eustache, vendredi. Un référendum pourrait «ajouter des années d’imprévisibilité et d’incertitude» au contexte économique actuel, soutient la cheffe caquiste.

Étant donné le contexte économique marqué par les tensions commerciales avec les États-Unis, Mme Fréchette estime qu’il serait préférable de concentrer les efforts du gouvernement sur la protection des emplois et la transformation de l’économie québécoise, plutôt que d’amorcer un processus référendaire.

Depuis le 22 août, les États-Unis ont adopté des tarifs de 50% sur des produits canadiens normalement protégés par l’accord de libre-échange entre les deux pays, allant des produits laitiers à l’acier. Le Canada imposera ses propres droits de douane en réplique à Donald Trump dès le 8 septembre. 

«[Ce mur tarifaire] vient complètement distortionner nos liens commerciaux avec notre principal partenaire économique», énonce Fréchette. Elle invite plutôt les Québécois à miser davantage sur l’amélioration des chaînes d’approvisionnement et sur la consommation locale.

Le scepticisme de Fréchette marque une cassure avec la position de ses prédécesseurs au poste de premier ministre, tant à la CAQ qu’au Parti libéral. Jean Charest, Philippe Couillard et François Legault avaient tous affirmé qu’une province souveraine serait viable financièrement.

Sceptique d’un référendum

L’ancienne ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie met également en doute les conclusions présentées en 2023 par le Parti québécois concernant les finances d’un Québec souverain. Le document en question met à jour un exercice réalisé par François Legault en 2005 et cherche à démontrer qu’un gouvernement indépendant serait viable financièrement. Selon le PQ, le gouvernement du Québec économiserait à terme 12 G$ par année grâce à l’indépendance.

La cheffe caquiste soutient que la création d’un pays entraînerait nécessairement des dépenses importantes. Notamment si le Québec devait mettre sur pied ses propres institutions dans des domaines actuellement assurés par le gouvernement fédéral.

Christine Fréchette cite notamment la possibilité de créer une monnaie québécoise, une force de défense indépendante et de revoir certaines structures gouvernementales. Des changements qui, selon elle, ne pourraient pas se faire sans coûts supplémentaires.

«On ne peut pas se leurrer et penser que ce sera à coût nul», soutient-elle, estimant qu’une transition vers l’indépendance créerait également une période prolongée d’incertitude pour les entreprises et les investisseurs.

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