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La population de Québec continuera d’exploser, Montréal déclinera

Dessin d’une population qui augmente sur un fond beige

Image générée par l’intelligence artificielle.

QUÉBEC — Alors que la population du Québec devrait se stabiliser autour de 9,2 millions de personnes au cours des prochaines décennies, la région de la Capitale-Nationale se distingue comme la championne de la croissance démographique provinciale. Selon la mise à jour annuelle des perspectives démographiques publiée jeudi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), la région affiche la plus forte croissance projetée de toute la province d’ici 2051, soit 14 %, tandis que sa région métropolitaine de recensement (RMR) devance toutes les autres avec une hausse anticipée de 16 %.

À titre de comparaison, la RMR de Montréal devrait voir sa population reculer de 3 % sur la même période. L’île de Montréal elle-même accuserait une baisse encore plus marquée, de 10 %, ce qui ramènerait sa population à son niveau de 2016, soit environ 1,96 million de personnes.

Une tendance de fond

Cette projection s’inscrit dans une tendance démographique déjà bien amorcée. Le Bilan démographique de l’ISQ, publié en mai, révélait que la population québécoise avait légèrement reculé en 2025 — une première depuis que l’Institut compile cette donnée — après une croissance exceptionnelle de près de 500 000 personnes entre 2021 et 2024. À court terme, une baisse supplémentaire de 50 000 personnes est attendue entre 2025 et 2029, principalement en raison de la diminution du nombre d’immigrants temporaires. Dans ce contexte de ralentissement généralisé, la vitalité démographique projetée de la Capitale-Nationale tranche avec la situation de plusieurs autres régions.

La région voisine de Chaudière-Appalaches suit la Capitale-Nationale au deuxième rang des régions à plus forte croissance projetée, avec 11 %. À l’autre bout du spectre, la Côte-Nord (–15 %) et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (–11 %) font face à des déclins importants.

Montréal en sens inverse

Le contraste avec Montréal est particulièrement éloquent. La baisse appréhendée sur l’île s’explique par deux phénomènes convergents : la réduction du nombre d’immigrants temporaires — dont les effectifs ont déjà chuté de 51 400 personnes au Québec en 2025 — et la poursuite de la régionalisation de l’immigration, qui profite notamment à la région de Québec. La part des nouveaux résidents permanents s’établissant à Montréal est passée d’environ 75 % il y a vingt ans à 45 % en 2024-2025. Pendant ce temps, la Capitale-Nationale figure parmi les régions qui en bénéficient, avec un taux de migration internationale d’environ 8 pour mille, troisième rang provincial derrière Montréal et Laval.

Cette régionalisation a été activement encouragée par les politiques provinciales récentes. Le gouvernement Legault avait conçu le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) de manière à orienter l’immigration vers les régions, au détriment de la métropole. Si le gouvernement Fréchette a depuis réactivé le Programme de l’expérience québécoise pour deux ans, il n’a pas remis en question cet objectif de régionalisation.

La couronne montréalaise continue de croître

Il convient de nuancer le portrait montréalais : si l’île recule, la couronne de la RMR de Montréal poursuivrait quant à elle sa croissance pour atteindre 2,5 millions de personnes en 2051. Le phénomène reflète une suburbanisation qui se poursuit, les familles continuant de quitter l’île pour les banlieues nord et sud après un premier ou un second enfant — un mouvement que confirme la très faible fécondité de la région de Montréal, à 1,14 enfant par femme, la plus basse de la province.

Des besoins en logement en hausse malgré tout

Fait notable : la baisse de population attendue à court terme n’entraînera pas de diminution des besoins en logement. L’ISQ projette une hausse de 0,7 % des besoins entre 2025 et 2029, malgré un recul démographique de 0,6 %. Le vieillissement de la population — phénomène qui touche l’ensemble du Québec, y compris la Capitale-Nationale — génère une demande croissante en logements collectifs et en résidences pour aînés.

L’ISQ précise que ces projections sont des modélisations fondées sur les tendances actuelles, et non des prévisions. Des données plus détaillées par municipalité et par MRC seront diffusées au cours des prochains mois.

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