La succursale Renaud-Bray de Laurier Québec est officiellement fermée
Après dix-huit mois de grève, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Librairie Renaud-Bray–CSN ont tenu leur dernière journée de piquetage le 27 juin 2026, avec la fermeture de la dernière succursale dans la Ville de Québec. La fermeture des deux succursales québécoises de la chaîne — situées au Laurier Québec et aux Galeries de la Capitale — met fin à un conflit de travail marqué par des condamnations judiciaires contre l’employeur, selon la Confédération des syndicats nationaux (CSN). L’organisation soulève également des critiques à l’égard du gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ).
Rappelons que le conflit avait débuté le 22 novembre 2024, impliquant quelque 60 employés qui réclamaient des conditions de travail décentes. Au moment du déclenchement de la grève, l’ensemble des travailleurs étaient rémunérés à 15 cents au-dessus du salaire minimum, alors que plusieurs d’entre eux comptaient plus de 20 ans d’ancienneté. La convention collective était échue depuis le 31 décembre 2023.
Au fil du conflit, le Tribunal administratif du travail (TAL) a reconnu Renaud-Bray coupable de négociation de mauvaise foi, d’entrave aux activités syndicales et d’utilisation de briseurs de grève. Depuis juillet 2025, l’employeur n’avait donné aucun signe de vie à la table de négociation, avant de choisir ultimement de fermer ses portes plutôt que de conclure une entente.
«Cette grève n’aurait jamais dû se solder par une fermeture. Nous demandions simplement des conditions décentes et un salaire qui dépasse d’un dollar le salaire minimum. Mais plutôt que de négocier sérieusement, l’employeur a choisi de fermer ses portes et de sacrifier des dizaines d’emplois,» a déclaré Jimmy Demers, président du syndicat.
Rappelons que la succursale Renaud-Bray des Galeries de la Capitale a fermé ses portes le 19 octobre 2025, tandis que celle de Laurier Québec a fermé le samedi 27 juin 2026.
La CSN pointe du doigt le gouvernement de la CAQ
Pour la CSN, cette issue illustre un problème politique plus large. Katia Lelièvre, vice-présidente de la centrale syndicale, estime que le gouvernement caquiste favorise systématiquement les intérêts patronaux au détriment des droits des travailleurs.
«Depuis plusieurs années, le gouvernement favorise les demandes patronales tout en affaiblissant les contrepouvoirs qui permettent aux salarié-es de défendre leurs droits. Le résultat est clair : des employeurs condamnés par les tribunaux comme Blaise Renaud peuvent multiplier les manœuvres antisyndicales et bafouer les droits des travailleuses et des travailleurs sans craindre de véritables conséquences,» a-t-elle affirmé.
Malgré cette conclusion que les syndicats qualifient d’amère, la CSN réaffirme son engagement envers les 60 employés touchés par la fermeture. Pierre Émond, vice-président du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches–CSN, a indiqué que l’organisation entend accompagner les travailleurs dans leur transition professionnelle et poursuivre les recours encore disponibles.
«Cette conclusion amère n’affecte en rien notre solidarité et nous demeurerons aux côtés des salarié-es bafoués. Leur courage et leur persévérance tout au long de ce conflit imposent le respect,» a-t-il conclu.
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