Abandonner le TGV, une mauvaise idée disent Montréal et Québec
Le maire de Québec et la mairesse de Montréal ont tous deux dénoncé l’idée du Parti québécois d’abandonner le futur train à grande vitesse (TGV) entre Toronto et Québec. Ils demandent au parti de reconsidérer sa position.
Mardi, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a annoncé son intention de retirer le Québec du projet de TGV. Il compte réclamer au gouvernement fédéral une compensation de 40 G$ représentant la part du Québec dans ce projet. L’argent serait réinvesti dans l’entretien des infrastructures existantes.
La promesse n’est pas anodine. Le PQ est présentement favori dans les intentions de vote, à l’approche des élections de cet automne.
Marcher et mâcher de la gomme
Pour Bruno Marchand, M. St-Pierre Plamondon fait fausse route en mettant les projets de transport structurants en opposition au déficit d’entretien des infrastructures.
«On est déjà assez en retard comme ça,» lance-t-il. «Le TGV va rapprocher Québec des grands centres économiques et politiques du continent et deviendra un puissant moteur économique, comme ça a été le cas dans tous les pays du G7 avant nous. C’est un projet qui va attirer des investissements dans toutes les régions sur son parcours — et spécialement dans la Capitale nationale. Un pays se bâtit autour de grands projets, et pour les réussir, il faut se retrousser les manches pour surmonter les défis qui y sont associés au lieu de constamment repartir à zéro.»
Même son de cloche du côté de Montréal.
«Le TGV ne devrait pas être un enjeu partisan», s’exprime quant à elle Soraya Martinez Ferrada. «Le Québec doit être capable de porter une vision ambitieuse pour l’avenir tout en continuant d’investir dans les infrastructures dont les citoyens dépendent chaque jour. C’est deux priorités sont complémentaires et essentielles pour toutes les grandes villes et les métropoles.»
«Partout au Québec, les villes ont besoin d’améliorations concrètes en matière de mobilité. Cela passe à la fois par le renforcement du transport collectif existant et par la réalisation de grands projets structurants qui nous permettront de mieux connecter nos communautés et de soutenir notre développement économique», ajoute Mme Soraya Martinez Ferrada.
Besoins criants
Les infrastructures du Québec manquent actuellement d’argent pour assurer l’entretien. Autant les infrastructures gouvernementales que municipales souffrent d’un déficit de plusieurs dizaines de milliards de dollars.
La semaine dernière, les gouvernements du Québec et du Canada ont enfin signé une série d’ententes totalisant 10 G$ pour les infrastructures. Plus de la moitié de cette somme est prévue pour les projets de transport.
Le TGV est toutefois indépendant de ces ententes. Étant un projet de transport interprovincial, il est entièrement géré et financé par le gouvernement fédéral.